Amérique et Caraïbe

Les effectifs de FLE dans les systèmes éducatifs nationaux
Préscolaire Primaire Secondaire Supérieur
Bolivie  n.c. n.c. n.c. 1 500
Brésil n.c. 149 000 n.c.
Canada (total) n.c. 1 733 484 n.c.
Chili (a) n.c. 1 204 42 864 8 022
Colombie n.c. n.c. n.c. 25 402
Costa Rica 144 451 463 284 389 481 n.c.
Cuba n.c. n.c. 4 000 n.c.
Equateur n.c. 5 000 4 271 5 171
Etats-Unis (a) n.c. 30 000 1 310 000 175 722
Honduras n.c. 150 n.c. 530
Louisiane (Etats-Unis) 1 703 16 690 10 922 75
Mexique n.c. 2 030 29 953 58 182
Paraguay n.c. 500 400 (b) 10
Pérou 120 5 580 7 730 2 732
République Dominicaine n.c. n.c. n.c. 33 100
Saint-Vincent-et-les-Grenadines n.c. n.c. 1 161 n.c.
Sainte-Lucie n.c. n.c. 1 193 (c) 242
Trinité-et-Tobago n.c. n.c. 10 100 115
Venezuela (d) n.c. n.c. 20 000 3 916

(a) 2017 ; (b) privé ; (c) public ; (d) 2018

Note : les effectifs sont donnés pour l’année scolaire 2019/2020 sauf indication contraire

Pays membres de l’OIF

Pays observateurs à l’OIF

Cet espace comprend 6 membres de plein droit de l’OIF (le Canada, le Canada Nouveau-Brunswick, le Canada Québec, Haïti, Sainte-Lucie et la Dominique) ainsi que 6 pays observateurs (Argentine, Canada Ontario, Costa Rica, République dominicaine, Mexique et Uruguay).

Le français est la seule langue officielle du Québec. Il est la langue co-officielle avec l’anglais du Canada, des États fédérés du Nouveau-Brunswick et du territoire du Yukon, et la langue co-officielle avec l’anglais et les langues indo-américaines des territoires du Nord-Ouest, du Nunavut (avec l’inuktitut) ainsi qu’en Haïti (avec le créole). Quelques États officiellement non francophones appliquent par ailleurs des dispositions législatives qui protègent le français (États américains de la Louisiane, du Maine, du Michigan et du Vermont).

ÉTAT DES LIEUX

Répartition des apprenants de FLE dans le monde en 2022

Retrouvez ici les données 2018

« LE FRANÇAIS : DEUXIÈME LANGUE ÉTRANGÈRE APPRISE DANS LES PAYS LATINO-AMERICAINS APRÈS L’ANGLAIS »

L’apprentissage de la langue française occupe historiquement une place de choix au vu de son attractivité sur les plans culturel, scientifique, économique etc., mais aussi par l’atout qu’elle représente pour la mobilité étudiante et l’insertion professionnelle vers l’espace francophone voisin.

Le français reste ainsi la deuxième langue étrangère apprise dans les pays latino-américains, derrière l’anglais, et son enseignement demeure par ailleurs fortement valorisé dans un certain nombre de pays, voire même obligatoire au Costa Rica, ou encore dans les écoles primaires de Sainte-Lucie. Et même si le portugais et l’espagnol apparaissent comme des concurrents sérieux, notamment après les accords du MERCOSUR, l’appétence pour l’apprentissage de la langue française demeure.

À Cuba, la réintroduction du français en tant que matière optionnelle pour les trois années du lycée, engagée depuis 2019, devrait également lui être favorable. De même, la réintroduction du français dans les établissements publics au Pérou est en cours dans le cadre d’un accord signé avec la France.

En matière de FLE, le continent américain et les Caraïbes occupent la troisième place. Les « poids lourds » de l’apprentissage du FLE sont le Canada (hors Québec) et les États-Unis d’Amérique, suivis du Costa Rica, du Brésil, du Mexique et de l’Argentine, entre autres. Cette zone affiche une présence diffuse du FLE, traditionnellement très implanté au niveau des Alliances françaises et Institut français, mais qui ne rassemble que rarement de forts effectifs d’apprenants dans les systèmes scolaires. Sauf au Canada et aux États-Unis où s’affirme un réel intérêt pour l’enseignement bilingue et pour l’acquisition de compétences linguistiques professionnelles qui s’inscrivent de plus en plus comme un critère d’employabilité.

La zone Amérique – Caraïbe affiche une présence diffuse du FLE, traditionnellement très implanté au niveaux des Alliances françaises et Institut français, mais qui ne rassemble que rarement de forts effectifs d’apprenants dans les systèmes scolaires. Sauf au Canada et aux États-Unis où s’affirme un réel intérêt pour l’enseignement bilingue et pour l’acquisition de compétences linguistiques professionnelles qui s’inscrivent de plus en plus comme un critère d’employabilité.

« UN VÉRITABLE ENGOUEMENT POUR L’ENSEIGNEMENT BILINGUE AU CANADA ET AUX ÉTATS-UNIS »

Les filières d’immersion sont les seules filières qui proposent un enseignement renforcé du français.

Alors que les chiffres relatifs de la francophonie canadienne sont à la baisse, il s’avère que l’attrait de l’enseignement immersif en français dans le réseau des établissements anglophones ne cesse de croître. Cette filière jouit, en effet, d’une image d’excellence et est en accord avec les politiques linguistiques pancanadiennes et, le cas échéant, provinciales, de promotion du bilinguisme. Ainsi, entre 2003 et 2013, la filière French Immersion a connu une augmentation de 52 % du nombre d’inscriptions. En Colombie-Britannique, le nombre d’élèves dans les classes d’immersion a même augmenté de 72 % en dix ans. À l’échelle du pays, ce sont ainsi 477 663 élèves sur 4,9 millions au total, soit 9,7 %, qui sont scolarisés dans près de 2 500 établissements proposant des programmes d’immersion française.

Statistique Canada prévoit que le taux national de bilinguisme, qui était de 17,5 % en 2011, sera de 18,5 % en 2036, alors que le taux de bilinguisme des anglophones hors Québec passera de 6,6 % à 6,7 % pendant la même période.

Aux Etats-Unis, de façon générale, l’enseignement du français est assez stable, et l’enseignement bilingue francophone est en constante augmentation. Le French Dual Language Fund (FDLF) lancé par la France en 2017 a permis de lever et de distribuer 1,2 million de dollars pour soutenir la création et le développement de filières bilingues francophones dans les écoles publiques américaines. L’enseignement bilingue est devenu très populaire aux États-Unis, et s’est développé initialement au profit de la communauté hispanophone : le soutien du FDLF ayant permis de positionner le français dans le cadre de cette « révolution bilingue » d’enseignement des langues aux États-Unis.

LES EVOLUTIONS

Contrairement à l’évolution constatée entre 2014 et 2018, toutes les autres régions du monde mis à part l’Europe connaissent, en moyenne, une hausse du nombre d’apprenants de français (+30% sur cette zone). L’ampleur du mouvement reflété par le pourcentage doit être relativisée compte tenu de l’effectif relativement réduit pour chaque ensemble étudié. Des variations intervenues dans quelques pays seulement relevant d’une région peuvent peser fortement sur l’ensemble. Cela est particulièrement vrai pour la zone Amériques-Caraïbes, marquée par peu de changements (dont quelques-uns à la baisse d’ailleurs), mais qui bénéficie d’un accroissement très significatif de l’apprentissage du français au Costa Rica et au Chili.

Apprentissage de FLE dans les systèmes éducatifs

Le français se trouve très généralement en 2e position derrière l’anglais au sein des systèmes éducatifs nationaux, et principalement dans le secondaire, où l’enseignement du français y est introduit de manière plus accentuée.

Plusieurs pays de la zone Amérique Latine sont ainsi des locomotives en ce qui concerne l’apprentissage du FLE/FOS. En premier lieu se place ainsi le Costa Rica, où le français est LVE2 obligatoire dans le secondaire et optionnelle avec l’anglais pour la préparation du bac. En 2020, il y avait 144 451 apprenants de FLE dans le public pour le préscolaire, 463 284 dans le primaire et 389 481 dans le secondaire. Au Pérou, le français est LVE2 avec 5 580 élèves en primaire et 7 730 dans le secondaire, tandis qu’au Venezuela, la 2e langue étrangère est le français, obligatoire uniquement dans la mention littéraire, pour environ 20 000 élèves du secondaire à raison d’environ 144 heures par année scolaire.

En Equateur enfin, l’enseignement de la langue française est en progression avec environ 9 000 apprenants (contre 7 000 en 2018) : un chiffre qui devrait augmenter grâce au projet FSPI Renforcement de l’enseignement du et en français, qui vise notamment la création de cours de DNL en français dans 6 établissements à Cuenca et Quito.

Le cas du Québec témoigne aussi que l’intérêt pour le FLE persiste dans le nord du continent. En 2018-2019, le nombre d’apprenants de FLE dans le public est de 7 428 dans le préscolaire, de 1 646 514 dans le primaire, et de 360 495 dans le secondaire. Plus de 1,7 million d’élèves apprennent le français comme langue seconde dans le système de langue anglaise à l’extérieur du Québec, dont plus de 475 000 dans des programmes d’immersion française.

Français du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration (THR)

Entre 2018 et 2020, au titre des formations de formateurs des centres d’examens FDA-CCIP au français des relations internationales, 64 enseignants ont été formés au Mexique en 2018 dans le cadre d’ateliers «Français du tourisme: élaborer rapidement un programme de formation » et «Comment et quoi évaluer en français professionnel» et 22 en 2019 pour «Enseigner avec les diplômes de français du tourisme, de l’hôtellerie et de la restauration» ; 36 aux États-Unis pour une «Initiation à l’enseignement du français des affaires et du français du tourisme» et 7 au Kenya pour «Concevoir des unités pédagogiques en français du tourisme».

L’Institut national de capacitation (INACAP) au Chili propose pour sa part depuis 2016 un parcours de formation FOS/français professionnel dans les domaines de l’hôtellerie et de la gastronomie internationale, qui a déjà accueilli 7 300 personnes.

Apprentissage de FLE /FOS dans le supérieur

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, en 2022, l’AUF compte un total de 107 universités membres dans les 2 régions que sont les Caraïbes (26 membres) et les Amériques (81 membres), réparties sur un total de 19 pays et territoires.

Dans 10 pays de cette zone (sans compter le Canada), au moins une université était dotée d’un département de français. Ne pas avoir de département de français dans les universités ne signifie pas pour autant qu’il n’existe pas de filières d’enseignements en français ou que le français n’est pas enseigné en tant que LVE à l’Université. C’est le cas par exemple en Argentine où, en 2021, 1 909 étudiants étaient inscrits dans différents masters professionnalisants en français, principalement dans les domaines de la traduction et de l’interprétation, de la philologie, et de la traduction littéraire et scientifique.

On peut aussi souligner la vitalité du réseau francophone dans le supérieur avec l’exemple du Québec et du Nouveau-Brunswick. Pour l’ordre d’enseignement universitaire, le français occupe le haut du pavé au Québec. Parmi les 18 universités québécoises, 15 sont en effet francophones, et ce sont 295 953 étudiants qui disposent d’un enseignement en français. L’université de Moncton au Nouveau-Brunswick, qui est francophone, accueillait quant à elle en 2020-21 un total de 4 459 étudiants. Tout l’enseignement s’y fait en français.

Par ailleurs, environ 1 300 étudiants canadiens partent suivre un cursus en France chaque année, une partie non négligeable d’entre eux allant suivre des formations en anglais (INSEAD, Sciences Po, etc.).

Dans le reste de la région, les pays où il y a le plus d’apprenants FLE/FOS dans le supérieur sont des pays non-francophones qui cherchent à valoriser la langue française. On retrouve ainsi les Etats-Unis avec plus de 175 000 apprenants de français, le Mexique avec près de 66 117 apprenants de FLE/FOS en 2017, ou encore le Chili avec 9 595 étudiants en cours de FLE/FOS en 2021. La Colombie (4 244 étudiants) et l’Equateur (4 100 étudiants) disposent aussi d’un contingent significatif d’étudiants en français langue étrangère.

REINTRODUCTION DU FRANCAIS DANS LES ETABLISSEMENTS PUBLICS AU MEXIQUE

Suite à la signature des conventions (avec la Ville de Mexico, les États du Nuevo León, de Jalisco et de Querétaro dans un premier temps; et bientôt avec les États de Veracruz, Yucatán, Mexico, Aguascalientes et Guerrero) concernant la réintroduction du français dans les collèges publics, la formation linguistique des professeurs de français des collèges publics de Mexico et de l’État de Nuevo León a été mise en place de manière virtuelle avec les Alliances françaises de Mexico et Monterrey sur la base de nouvelles ressources disponibles depuis août 2020.

Pour renforcer le niveau linguistique et didactique des professeurs de FLE de l’université technologique bilingue de Juarez, Nuevo León, des cours de français dispensés par l’Alliance française de Monterrey sont par ailleurs proposés aux professeurs des collèges publics, ainsi qu’une formation de 30 heures sur les bases de la didactique du FLE.

Coopération internationale pour l’apprentissage en français et du FLE

L’Amérique latine, avec 172 Alliances, est le premier continent d’apprentissage du FLE dans les Alliances françaises avec 130 000 apprenants de français et 9,1 millions d’heures de cours vendues (grand public, entreprises et institutions). Par pays, ce sont ainsi les Etats-Unis (107 Alliances) puis l’Argentine (53 Alliances) qui occupent les deux premières places en nombre d’Alliances implantées dans le pays. Le Mexique (31) et le Brésil (29) sont respectivement 5e et 6e. Le réseau des lycées français et des établissements d’enseignements français à l’étranger homologués représente aussi une part importante de cette coopération, avec pas moins de 39 000 apprenants répartis dans 9 pays.

D’autres dispositifs ont vu le jour. Des formations en français professionnel se sont structurées et organisées dans le cadre du FSPI Appui au renforcement du capital humain en Amérique centrale (ARCHAC), à destination de 30 fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères du Panama en français des relations internationales ; de 24 étudiants en médecine en FOS santé (afin de développer le lien entre les médecins français et panaméens) ; de 12 avocats en français juridique (afin d’aider et de faire le lien avec les Français présents au Panama et de faciliter des possibilités d’échanges étudiants) ; de 15 agents du service de migration du Panama en français «tourisme/migration/ humanitaire» pour leur travail aux frontières avec les migrants et aux postes frontières des aéroports ; ou encore de 15 agents du SENAN/SENAFRONT85/Police pour agir dans les zones frontalières ou avec des touristes dans leurs actions quotidiennes.

Dans la région Caraïbes, des initiatives en espagnol ont été développées avec le soutien du Chili et du Mexique, qui déploient une offre de formation à la diplomatie en espagnol qui pourrait s’ouvrir à d’autres langues. Dans ce cadre, le poste diplomatique français a déposé un white paper au ministère des Affaires étrangères de Sainte-Lucie en 2019 pour contribuer à la création d’un institut de formation des diplomates, dans lequel le français pour grands débutants se partagerait avec un cycle de conférences en relations internationales par des experts français.

LA VALORISATION DES LANGUES ETRANGERES EN LOUISIANE

La Louisiane, qui a adhéré en tant qu’observateur à l’OIF en 2018, a introduit en 2021 le critère de World languages au sein de l’Interest & Opportunity Index, qui se charge de 5 % de l’évaluation annuelle des établissements scolaires.

La valorisation des langues étrangères par le système de pilotage louisianais devrait contribuer à la promotion du plurilinguisme, notamment à travers la prise en compte des certifications DELF dans le Louisiana School and District Accountability System du Louisiana Department of Education et la reconnaissance des compétences linguistiques des élèves mesurées par le DELF; qui encourage également la création de la future école d’immersion en français de la Nation Unie Houma ; et valorise l’héritage culturel des communautés francophones amérindiennes.

Les enseignements de FLE proposés par le réseau des AF (et quelques IF) est  très bien enraciné dans la région depuis 1884 (année où la 4ème  AF  créée à l’étranger ouvre à Mexico),  comptant parmi les plus grands réseaux régionaux au monde avec 316 AF réparties dans 31 pays (112 en Amérique du Nord, 186 en Amérique latine, et 18 dans la zone Caraïbe) et des plus étendus (États-Unis, Argentine, Brésil, Mexique), avec presque 196 000 apprenants, qui représentent 42% des effectifs mondiaux.
Le nombre d’apprenants de français dans les AF vient également traduire la vitalité de l’apprentissage du français dans la zone à l’échelle mondiale et plus particulièrement au Mexique (3ème au monde), au Brésil (4ème), aux États-Unis (5ème), en Colombie (8ème),  ou encore au Pérou (9ème).

Le projet CARICOM FSPI IFLE : Inscrire le français au sein de la Caraïbe anglophone

Le projet CARICOM FSPI IFLE, déployé en 2019- 2020 pour la Caraïbe anglophone pour inscrire le français comme langue d’échanges, de développement et d’accès à l’enseignement supérieur dans la communauté caribéenne. Ce projet régional, initié en 2019, a été conçu avec l’ambition de renforcer l’enseignement du français en se concentrant sur la formation en ligne à destination des professeurs. Il a permis de mettre en place des formations en ligne : 11 formations (pour un total de 300 heures) pour l’habilitation à la correction-examination du diplôme d’études en langue française (DELF) ont ainsi permis de former 118 professeurs dans 8 pays différents (Antigua-et-Barbuda, Barbade, Dominique, Grenade, Jamaïque, Sainte-Lucie, Saint-Kitts-et-Nevis et Saint-Vincent et les Grenadines).

Par ailleurs, 4 outils d’accompagnement des professeurs de français ont été créés : une lettre d’information trimestrielle, des programmes de formation en ligne, une adaptation d’un manuel scolaire aux spécificités de la région, et la création d’un espace dédié à la Caraïbe anglophone sur une plateforme de l’Institut français (IFprofs). En complément, le FSPI IFLE permet aux professeurs de FLE de bénéficier d’ateliers spéciaux dispensés à l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (INSPE) de Martinique, de valider les compétences linguistiques et de construire des partenariats avec des classes en Martinique.