Afrique subsaharienne et océan Indien

Préscolaire Primaire Secondaire Supérieur Total
Afrique du Sud 310 5 879 14 759 n.c. 20 948
Angola n.c.

250 000

659 250 659
Botswana n.c. n.c. 5 223 (a) 50
Cap-Vert n.c. n.c. n.c. 150 150
Eswatini (Swaziland) n.c. n.c. n.c. 70 70
Ethiopie n.c. 17 000 1 063 18 063
Kenya n.c. 40 000 n.c. 40 000
Lesotho n.c.

8 933

n.c. 8 933
Malawi n.c. n.c. n.c. 140 140
Maurice 19 439 66 645 41 850 n.c. 127 934
Mozambique n.c.

500 000

1 462 501 462
Namibie n.c. 225 1 540 114 1 879
Ouganda (b) n.c. 1 000 000 887 1 000 887
Rwanda n.c. 1 568 81 1 649
Sao Tomé-et-Principe n.c. 36 600 32 000 68 68 668
Seychelles 2 884 9 284 7 086 11 19 265
Note : les effectifs sont donnés pour l’année scolaire 2020 et cumulent le privé et le public sauf indication contraire
(a) 2017 ; (b) année non précisée ; (c) privé uniquement

Pays membres de l’OIF

Pays observateurs à l’OIF

En Afrique subsaharienne et dans l’océan Indien, les langues anciennement coloniales ont perduré dans les systèmes éducatifs, soit comme langue d’enseignement, soit comme langue étrangère. Dans les faits, le français n’occupe bien souvent qu’une fonction de langue seconde voire de langue étrangère, sur un continent marqué par une grande diversité dans les choix de politiques linguistiques et dans la réalité des usages.

ÉTAT DES LIEUX

Répartition des apprenants de FLE dans le monde en 2022

Retrouvez ici les données 2018

Berceau de la Francophonie, la région Afrique de l’Ouest est aussi l’une des principales aires géographiques de la Francophonie, au regard du nombre de pays concernés et de la place qu’occupe la langue française dans leurs systèmes linguistique, éducatif, administratif, économique et culturel. Des 16 pays que compte l’Afrique de l’Ouest, 12 sont membres de l’OIF, dont 8 ont le français comme langue officielle et les 4 autres comme langue étrangère. De ces 12 pays, seul le Ghana a le statut d’État membre associé, les 11 autres étant des États membres de plein droit de l’OIF.

Dans les pays francophones d’Afrique subsaharienne, des enseignements de FLE sont dispensés de façon marginale au sein du réseau des IF et des AF, de centres de langues, à destination d’apprenants étrangers, étudiants ou professionnels désireux de s’intégrer; ainsi que des enseignements de français -alphabétisation, post-alphabétisation, ou encore perfectionnement en français (rédaction, prise de parole, ateliers d’écriture etc.)- à destination des populations locales, partiellement francophones, non alphabétisées en français, ou juste en demande d’une remise à niveau en langue française.

L’Afrique subsaharienne non francophone représente par ailleurs un poids démographique et économique important sur le continent, avec des situations tout aussi complexes et diverses pour les questions linguistiques -au vu des choix de langues officielles et nationales qui ont été faits par les États pour l’administration, l’enseignement – que pour les usages au quotidien des locuteurs, et des activités professionnelles, commerciales, des échanges qui se globalisent notamment aux frontières.

Le français y occupe une place de langue étrangère de plus en plus privilégiée en tant que langue internationale africaine, pour les échanges avec les pays frontaliers, souvent francophones. En témoignent notamment les choix qui sont faits dans les systèmes éducatifs au Ghana (où le français est obligatoire au lycée depuis la rentrée 2016-2017) ou encore en Gambie (où le français est obligatoire à l’université pour tous les programmes qu’elle offre) ainsi qu’un intérêt grandissant pour les formations en français professionnel dans des pays comme l’Afrique du Sud ou encore au Kenya.

Elle occupe la deuxième place au monde par le nombre d’apprenants de français langue étrangère, du fait notamment de la présence de systèmes éducatifs officiellement ou de facto « bilingues », comme au Cameroun (anglais-français), à Madagascar (malagasy-français) ou à Maurice (créole-français) qui favorisent l’apprentissage du français très tôt ; mais aussi en raison de l’engouement pour le français dans des pays où l’anglais (Nigéria, Ghana, Liberia), le portugais (Angola, Guinée-Bissau, Mozambique, São-Tomé-et-Príncipe) ou l’espagnol pour la Guinée équatoriale, sont les langues d’enseignement.

Les pays romanophones, dont les États ont inscrit l’espagnol ou le portugais dans leur constitution, font en effet partie des promoteurs actifs de la francophonie, puisqu’ils sont tous (à l’exception de l’Angola) membres de la Francophonie (le Cap vert, la Guinée Bissau, la Guinée Equatoriale, le Mozambique, et Sao Tomé et Principe). Le français ayant par ailleurs longtemps été obligatoire dans l’enseignement public de ces pays comme au Portugal.

LES EVOLUTIONS

Sur le continent africain, l’enseignement du FLE progresse de façon importante, plus particulièrement en Afrique du Nord mais également en Afrique subsaharienne et dans l’Océan Indien, deuxième région au monde par le nombre d’apprenants de FLE, et où le français est langue d’enseignement dans de nombreux pays.

Dans les systèmes éducatifs nationaux

Dans les pays non francophones, les apprenants de FLE représentent 25% des effectifs mondiaux (soit 2% de plus qu’en 2018), dans une région qui affiche une augmentation globale des effectifs de FLE par rapport à 2018 (+12,7 %). Cette croissance semble avoir été tirée par quelques pays (Angola, Ethiopie avant la crise, les Seychelles).

Dans les pays d’Afrique anglophone, c’est dans le secondaire que le français est enseigné comme langue optionnelle, l’implantation du français dans ces pays étant cependant loin d’être généralisée. Le français est la 1re LVE dans le système public au Botswana, la 3e LVE proposée dans le primaire et le secondaire en Namibie, tandis qu’en Afrique du Sud, il n’est proposé que dans un certain nombre d’établissements privés du secondaire et dans les universités les plus prisées.

Nombre de pays d’Afrique subsaharienne où le français est langue d’apprentissage doivent faire face à une pénurie d’enseignants qualifiés de et en français : dans moins d’un pays sur cinq, ils ne sont en effet que quelque 50 % d’enseignants à avoir suivi une formation reconnue au niveau national. Malgré un système éducatif global en crise, plusieurs pays relèvent cependant le défi d’une bonne maîtrise de la langue française en mettant en place d’ambitieuses politiques de formation.

C’est dans ce contexte que plusieurs États membres ont demandé à l’OIF la mise à disposition d’enseignants dans le cadre de son action en faveur de la langue française et de l’éducation. À cet effet, 4 pays cibles ont été identifiés pour bénéficier d’un projet pilote dont la phase opérationnelle a démarré en septembre 2020 au Rwanda, suivi par le Ghana en janvier 2022. La mise en place du projet en Guinée et à Madagascar est en cours de négociation pour un lancement en 2023.

À l’issue de la mise en œuvre de ce projet, un dispositif national d’enseignement du et en français sera mis en place ou renforcé et permettra au pays d’assurer la formation de ses enseignants de façon autonome; une cohorte d’enseignants de et en français verra ses capacités professionnelles atteindre un niveau défini préalablement; de même des classes d’élèves du primaire et du secondaire verront leurs compétences en langue française atteindre un niveau défini préalablement dans le cadre d’un Plan national pour l’enseignement du (en) français. Des liens pérennes seront tissés entre personnels pédagogiques « mobiles » et récepteurs, pouvant conduire à des jumelages de classes et à de futurs échanges bilatéraux de professeurs.

Les associations nationales des professeurs de français membres de la FIPF sont coordonnées par la Commission de l’Afrique et de l’océan Indien (APFA-OI), avec 33 associations de tailles assez disparates : de moins de 50 membres (Burundi, Guinée Équatoriale, Tanzanie…) à des associations de 250 à 500 membres (au Mali et au Sénégal). Certains pays rassemblent par ailleurs plusieurs associations, comme au Congo (2 associations) ou encore au Nigeria (3 associations). Il s’agit d’une zone dans laquelle les conditions d’enseignement et d’association sont particulièrement difficiles.

Depuis 2017, le ministère mauricien de l’Éducation a mis en place une réforme appelée le Nine Years Schooling (NYS) pour la formation des enseignants de français du secondaire de 2018 à 2020. Ce programme est piloté par le centre local de La Réunion de France Éducation International (ex-CIEP), et a permis de former 850 enseignants à l’enseignement du français oral de 2018 à 2019.

La Méthode d’apprentissage de la langue française « En Avant ! »

Contextualisée pour les professionnels de la paix en partenariat avec le Ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, elle a été conçue  dans un premier temps pour les forces de sécurité du continent africain, puis de l’Océan indien. Elle est principalement axée sur l’environnement des opérations de maintien de la paix, ainsi qu’en faveur de la promotion du multilinguisme au sein des Nations unies. Des manuels spécialisés en sécurité intérieure (dédiés aux forces de police, à la gendarmerie et aux services de secours), des déclinaisons pédagogiques bilingues (arabe, anglais, etc.) et des formations pédagogiques pour des publics spécifiques ont par ailleurs été créés.

Le réseau FSPI en Angola

FSPI Renforcement du réseau d’enseignement bilingue Eiffel (labellisé FranceEducation) et des capacités du réseau de formateurs de formateurs FLE pour l’enseignement secondaire en Angola.

Ce projet, lancé pour la période 2019-21, est assorti de 3 objectifs :

• le renforcement des capacités des équipes existantes et la formation de nouveaux professeurs de DNL en français et en sciences (52 personnes formées)

• la création de centres d’enseignement du FLE et de passation du DELF ouverts au grand public au sein du réseau Eiffel, en cogestion avec l’Alliance française de Luanda, et la formation de 14 enseignants pour assurer la qualité de ces actions

• le renforcement des capacités du réseau de formateurs de formateurs provinciaux créé en 2018 pour la formation continue de 30 professeurs de français de l’enseignement secondaire.

Cameroun

Concernant la coopération internationale pour l’apprentissage du/en français, le réseau des AF et des IF a déployé une offre de FOS et français professionnel, notamment au sein de l’AF de Garou, dans le cadre de programmes d’alphabétisation pour les producteurs de coton en partenariat avec la Société de développement du coton (SODECOTON) afin de permettre aux cotonculteurs d’acquérir des compétences de lecture et de compréhension des documents relatifs à la culture du coton, de développer chez les producteurs de coton les compétences d’écoute, d’intervention à l’écrit ou à l’oral sur les sujets liés aux travaux agricoles et d’améliorer leur capacité à rédiger des correspondances ou des comptes rendus.

Apprentissage de FLE /FOS dans le supérieur

Au niveau de l’enseignement supérieur, en 2022, l’AUF compte un total de 237 universités membres dans les 3 régions que sont l’Afrique centrale (102 membres), l’Afrique de l’Ouest (94 membres) et l’Océan Indien (42 membres), réparties sur un total de 34 pays.

Dans 6 pays de cette zone, au moins une université était dotée d’un département de français. Ne pas avoir de département de français dans les universités ne signifie pas pour autant qu’il n’existe pas de filières d’enseignements en français ou que le français n’est pas enseigné en tant que LVE à l’Université. C’est le cas par exemple du Malawi où, en 2020, 140 étudiants de français suivaient des cours pour débutants ou plus avancés (avec le concours de 12 enseignants).

Les pays où il y a le plus d’apprenants FLE/FOS dans le supérieur sont les pays non-francophones. On retrouve ainsi le Soudan avec plus de 5 000 étudiants inscrits en cours de FLE/FOS, l’Afrique du Sud avec près de 4 500 étudiants inscrits en départements de français (contre moins de 4 000 en 2017), ou encore l’Ouganda avec 887 étudiants en cours de LFE/FOS en 2020. L’Angola (664 étudiants) et la Namibie (53 étudiants) disposent aussi d’un contingent significatif d’étudiants en français langue étrangère.

On peut aussi souligner la vitalité du réseau francophone dans le supérieur avec l’exemple de l’Angola. En 2019, c’était ainsi 820 étudiants qui ont effectué une mobilité vers la France dans le cadre de leurs études. A Cabo Verde, ce sont 6 étudiants qui ont poursuivi leurs études en France en 2020-21, tandis que d’autres ont effectué une mobilité au Maroc et au Sénégal.

Le français reste une langue dont l’intérêt est grandissant. A Cabo Verde toujours, en 2020, 150 étudiants étaient inscrits dans le département de français (en 4 classes et 2 pôles : Praia et Mindelo) dans le cadre d’un master de FLE créé par l’UNI-CV en 2018 (avec le concours de 14 enseignants), et 84 apprenants étaient inscrits à l’Institut de langue française de l’UNI-CV la même année. Par ailleurs, en Angola, ce sont actuellement 11 magistères (équivalent des lycées professionnels en France), 6 ISCED (universités proposant des formations au niveau licence) ainsi que l’université Agostinho Neto qui proposent une formation initiale de professeur de français. Une réforme des cursus de français des ISCED est en cours, mais son avancée dépend d’une réforme curriculaire plus globale. On estime à 2 200 le nombre d’enseignants en formation de professeur de français dans les magistères et à l’ISCED.

Coopération internationale pour l’apprentissage en français et du FLE

La coopération internationale en Afrique subsaharienne et Océan Indien est particulièrement porté par le réseau des Alliances et Instituts français, regroupant ainsi plus de 12 000 apprenants de langue française réparties dans 8 pays. Le réseau des lycées français et des établissements d’enseignements français à l’étranger homologués représente aussi une part importante de cette coopération, avec pas moins de 3 700 apprenants dans 6 pays.

En Erythrée, des dispositifs de certification du DELF ont été mis en place par l’Alliance Française d’Asmara à destination d’apprenants de l’École internationale d’Asmara ainsi que des enseignants de l’École italienne d’Asmara, récemment fermée. Une formation d’habilitation aux certifications du DELFDALF (2020) a été mise en œuvre au sein de l’AF d’Asmara pour son équipe d’enseignants.

De nombreux programmes de coopération ont vu le jour ces dernières années, et plus particulièrement de nombreux FSPI (Fonds de Solidarité pour les Projets Innovants). Ce sont ainsi 7 FSPI qui ont été lancés depuis 2019. Par exemple, au Soudan du Sud, dans le cadre du FSPI 2021 Enseignement du français mis en œuvre par l’IF de Khartoum (dont dépend l’IF de Djouba), un programme de formation des professeurs de l’IF de Djouba a été mis en place et devrait permettre à terme de former les enseignants de français de l’enseignement sud-soudanais. Autre projet, celui en Tanzanie, qui a été déployé en 2020-2021 par la coopération bilatérale et multilatérale au service de l’enseignement du et en français afin de structurer, moderniser et redynamiser l’enseignement du français dans le primaire et le secondaire; de renforcer et diversifier l’offre de français dans l’enseignement supérieur et d’apporter un soutien spécifique au National College of Tourism (NCT); et de développer l’attractivité du français comme langue utile, atout de réussite et d’excellence. La signature d’un accord bilatéral en matière d’éducation de base en février 2019 entre les deux ministres des Affaires étrangères sud-africain et français ainsi que les deux projets FSPI (en faveur de la langue française pour 2019-2020 et 2021-2022) révèlent dans le même temps l’intérêt grandissant pour la langue française et une implication renforcée de la coopération française.

Au niveau de la société civile, des projets ont aussi vu le jour autour de de la langue française. Ainsi, en Ouganda, la création de la webradio Bonjour Kampala en 2019 est une initiative pluridisciplinaire autour de laquelle les partenaires de la langue française en Ouganda se sont rassemblés, en particulier l’Alliance française de Kampala et les universités publiques. Son audience reste toutefois assez limitée à ce stade compte tenu du vecteur de diffusion choisi.

APPRENTISSAGE DU FOS POUR L’EMPLOYABILITÉ DES JEUNES ET DES ETUDIANTS

L’OIF et la Francophonie en général poursuivent leur coopération avec les universités et les écoles du supérieur dans le champ de l’employabilité. Ainsi des formations en français professionnel/FOS sont déployées dans les universités et les écoles du supérieur en réponse à des parcours spécialisés, des masters professionnalisants, ou dans le cadre de formations visant plus particulièrement l’employabilité et l’insertion professionnelle des étudiants

C’est ainsi qu’Expertise France a déployé au Togo une formation en FOS des médias dans le cadre du FSPI Projet de formation et d’appui au secteur de l’audiovisuel et des médias (PROFAMED), mis en place pour deux promotions de la licence en journalisme professionnel de l’ISICA à l’université de Lomé (70 élèves par promotion) en collaboration avec le ministère de la Culture et du Tourisme et le ministère de la Communication et des Médias en visant la professionnalisation du secteur des médias et des créateurs audiovisuels.

Enfin, l’Alliance française de Dschang (au Cameroun) a de son côté déployé un cours de français pour les blogueurs et les journalistes numériques.

oif_go_further_icoPour aller plus loin…