Plus de 3 millions d’élèves et étudiants dans chacun de ces pays

Bénin
burkina Burkina Faso
Cameroun
Congo (RD)
Côte d’Ivoire
Guinée
madagascar Madagascar
mali Mali
Niger
senegal Sénégal

Le français langue d’enseignement

La langue française est la langue d’enseignement de 36 États et gouvernements dans le monde. Dans plus de la moitié d’entre eux, elle est la seule ou la principale langue d’enseignement dès l’entrée à l’école, même si dans certains cas, en Afrique subsaharienne, elle est introduite en articulation avec les langues nationales : Bénin, Burkina Faso, Canada-Québec, Centrafrique, Comores, Congo, Congo RD, Côte d’Ivoire, Fédération Wallonie-Bruxelles, France, Gabon, Guinée, Mali, Monaco, Niger, Sénégal, Suisse romande, Togo.

Pour quelques autres, le français est langue d’enseignement avec une ou plusieurs autres langues telles que l’anglais, l’arabe, le créole, le kirundi, etc., ou le devient complètement ou pour quelques matières à partir du secondaire ou du supérieur : Algérie, Andorre (système andorran et système français), Belgique, Burundi, Cameroun, Canada (hors Québec), Canada-Nouveau-Brunswick, Djibouti, Égypte, Haïti, Liban, Luxembourg, Madagascar, Maroc, Mauritanie, Tchad, Tunisie, Vanuatu.

Enfin la langue française peut également être langue d’enseignement, même dans les pays non francophones, au sein d’écoles spécialisées, d’établissements français ou homologués par la France (réseau scolaire français de l’AEFE) ou surtout de filières francophones, comme le démontre aussi l’étendue et la vitalité du réseau de universités membres de l’Agence Universitaire de la Francophonie.

Systèmes éducatifs nationaux

 KIX AFRIQUE 2021

Le centre KIX francophone Afrique 21 est un consortium composé de l’AUF, de la CONFEMEN et de l’IFEF, regroupant vingt et un pays membres du PME, lancé en avril 2020 afin de « contribuer aux actions des quatre centres régionaux KIX82 réunis, en vue d’améliorer la définition des politiques publiques d’éducation dans les pays partenaires et permettre une large diffusion d’innovations ».

Il se positionne de façon transversale à la croisée des différents programmes d’éducation de l’OIF, de l’AUF, de la CONFEMEN ainsi que des programmes et projets des pays, et répond à une demande forte des États, dans un contexte de conjoncture sociale et économique marqué par l’importante érosion des TIC, par la persistance de la pandémie de la COVID-19, mais aussi par toutes les transformations sociales en cours ces quinze dernières années et qui concernent les systèmes éducatifs francophones.

Depuis sa mise en place, le KIX Afrique 21 a favorisé des échanges permettant d’alimenter les débats sur les défis majeurs et les priorités au niveau régional en matière d’éducation, et il a facilité la mobilisation et le partage de connaissances et de bonnes pratiques entre les principaux acteurs de l’éducation, dans un contexte marqué par la pandémie de la COVID-19.

La recherche, le renforcement des capacités des acteurs de l’éducation et le plaidoyer constituent les axes majeurs du programme à l’échelle régionale. Celui-ci cible en effet prioritairement la formation initiale et continue des enseignants, l’égalité des genres, l’équité et l’inclusion sociale, l’enseignement-apprentissage en milieu bi-plurilingue et l’alphabétisation de qualité, ainsi que des questions transversales telles que la gouvernance du système éducatif, le curriculum et le numérique éducatif.

Zara Bakingue - Secrétaire exécutive du Niger

Dans les systèmes éducatifs nationaux

Sur les 93 millions d’individus suivant un enseignement en français, les ¾ sont inscrits dans des établissements nationaux (publics et privés) situés dans des pays d’Afrique subsaharienne ou de l’Océan Indien, dont environ 70 % sont concentrés dans le primaire.

En effet, à des degrés divers, le français est la principale ou unique langue de scolarisation dans les systèmes éducatifs du Bénin, du Burkina Faso, de la République centrafricaine, des Comores, du Congo, de la République démocratique du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo. Et langue d’enseignement aux côtés d’une ou de plusieurs langues, entièrement ou partiellement, selon les niveaux, au Burundi, au Cameroun, à Djibouti, à Madagascar et au Tchad.

Des pays tels que la RDC représentent un poids considérable (22 millions d’élèves et étudiants scolarisés en français) ou encore le Cameroun ou Madagascar (5 millions), alors que ces pays n’affichent pas les plus forts taux de scolarisation.

Près de 15 millions d’élèves et d’étudiants sont par ailleurs scolarisés en français en France, ce qui explique pour une large part la place de l’Europe, qui arrive en deuxième position dans cet ensemble.

 Pour la zone Amérique-Caraïbe, le Québec (et le reste du Canada) , mais aussi Haïti, portent à un niveau relativement élevé le poids de cette région dans l’ensemble des apprenants en français, même si les chiffres concernant Haïti ne sont plus actualisés depuis quelques années (2015-16).

Enfin, c’est le Liban qui domine le paysage scolaire en français de la zone Afrique du Nord–Moyen-Orient, même si la place de cette langue comme médium d’enseignement est loin d’être négligeable (mais peu précisément chiffrée) dans les pays du Maghreb.

La langue française est également transmise à nombre d’apprenants dans le cadre de mécanismes bilingues (Cameroun, Madagascar, Maurice…), et en tant que langue étrangère dans les pays anglophones (Ghana, Gambie, Nigéria…) ou encore romanophones, promoteurs actifs de la francophonie.

Intégrer les enfants syriens dans le système éducatif au Liban

RELIEFH : DES RESSOURCES EDUCATIVES POUR LES ENSEIGNANTS

L’OIF, à travers l’IFEF et en partenariat avec l’AUF, a déployé une plateforme en janvier 2021 destiné aux enseignants et aux personnels de supervision pédagogique désireux d’intégrer la thématique de l’égalité femmes-hommes (EFH) dans leurs pratiques.

Le projet fait suite aux travaux menés lors de la Conférence de N’Djamena (2019), au cours de laquelle l’importance de l’intégration de l’EFH dans les supports de formation des enseignants a été réaffirmée, ainsi que la nécessité de mettre en partage les bonnes pratiques entre les pays. RELIEFH a ainsi pour vocation de permettre l’accès à des fiches pédagogiques, à des ressources pédagogiques ainsi qu’à des formations en ligne portant sur cette thématique. La plateforme compte à ce jour 250 ressources et bonnes pratiques en matière d’égalité femmes-hommes issues de 40 pays, et devrait également permettre de rassembler et de relier les initiatives qui existent déjà en matière d’EFH.

Une formation a été mise en ligne pour sensibiliser et outiller les enseignants sur le respect et la promotion de l’EFH dans leurs cours et dans leur manière d’enseigner et d’animer la salle de classe. À ce jour, 800 enseignants et personnels pédagogiques en ont déjà bénéficié. Développées en collaboration avec le CAVILAM sur la base du Dictionnaire des francophones (DDF), ces fiches sont consacrées au thème de l’EFH à travers les ressources lexicales disponibles dans le DDF.

En 2021, le projet de formation des enseignants et des personnels de supervision « Enseignement et apprentissage de qualité pour les filles à l’école » est devenu 100 % virtuel pour une meilleure accessibilité dans le cadre du programme phare IFADEM 100 % en ligne ; et il sera déployé en 2022 au Burkina Faso, au Mali et au Tchad. Ce projet prévoit 30 000 enseignants de l’éducation de base et directeurs d’école formés et 1 500 personnels de supervision de l’éducation de base outillés sur l’éducation des filles ; et il devrait bénéficier à 840 000 filles.

« PROMOUVOIR UNE ÉDUCATION  BI ET PLURILINGUE DE QUALITÉ »

Dans les pays francophones africains, les évolutions favorables au français sont conditionnées par la capacité des systèmes éducatifs de ces pays à développer des outils, des dispositifs d’enseignement bi-plurilingue adaptés dans les langues française et nationales (dans des environnements toujours marqués par le multilinguisme), à  former des cohortes déjà massives d’enfants et en constante évolution, et surtout à constituer un corps professoral suffisamment formé et substantiel pour relever ces nombreux défis. Selon que la langue française est seule ou l’une des langues de scolarisation, environ 70% des effectifs sont concentrés dans le primaire, et l’on comprend alors l’enjeu qu’une formation de qualité en français et dans les langues nationales représente dans les pays concernés.

Car même si la scolarisation en Afrique subsaharienne francophone a considérablement progressé depuis le début des années 2000, elle n’a cependant pas atteint les compétences de base attendues en fin de primaire pour le français et les mathématiques pour plus de 50% des enfants, selon les évaluations du PASEC.

Le facteur linguistique joue un rôle majeur dans la réussite des élèves dans un contexte où le français est la langue d’enseignement dès la première année de scolarisation, mais où le faible niveau des enfants (et des enseignants) compromet la réussite des premiers apprentissages et la poursuite de la scolarité.

Une approche bilingue – qui combine un enseignement continu dans la langue maternelle de l’enfant en parallèle avec l’introduction d’une deuxième langue – ou multilingue, peut  donc permettre aux enfants d’acquérir de solides compétences fondamentales en lecture, écriture et calcul, et dans un premier temps dans une langue qu’ils comprennent.

C’est dans ce contexte que la Francophonie poursuit son engagement pour l’éducation afin d’accompagner les pays dans la mise en œuvre de réformes innovantes à travers de nouvelles approches pédagogiques bilingues, le renforcement des compétences des enseignants, en tirant notamment profit des potentialités du numérique. Et c’est à l’IFEF – organe subsidiaire de l’OIF installé à Dakar en 2017 – qu’a été confiée la mission de fournir aux États et gouvernements membres de l’OIF, ainsi qu’à ses partenaires, une expertise technique qui contribue à l’élaboration, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des politiques éducatives.

Parmi les programmes portés par l’IFEF, 2 expérimentations sont menées aux côtés des États et des Gouvernements pour répondre plus particulièrement aux problématiques évoquées : l’initiative francophone pour la formation à distance des maitres (IFADEM), et l’initiative « École et langues nationales » en Afrique (ELAN-Afrique).

SYNERGIE PASEC-ELAN

Le Programme d’analyse des systèmes éducatifs (PASEC) de la CONFEMEN existe depuis 1991. Il met en œuvre des évaluations visant à rendre compte de la performance des systèmes éducatifs des pays membres de la CONFEMEN, en Afrique subsaharienne, au Moyen-Orient, au Liban, et depuis 2011 en Asie du Sud-Est.

Les programmes ELAN de l’IFEF et PASEC de la CONFEMEN ont collaboré depuis 2020 pour concevoir un dispositif d’évaluation des acquis des élèves adapté aux classes bilingues (langues nationales – français) des trois pays ELAN encore en expérimentation (Côte d’Ivoire, Guinée, Togo).

La passation des tests et la collecte des données ont eu lieu entre mai et septembre 2021. Les élèves des classes de 2e année du primaire sont évalués en Guinée et au Togo. Ceux de la 2e et de la 5e année sont évalués en Côte d’Ivoire. Le rapport de cette évaluation est attendu pour le premier trimestre de 2022. Les résultats constatés permettront aux autorités éducatives des pays concernés d’orienter leur décision vers l’extension de l’enseignement bilingue ou non.

La formation des enseignants

La grave pénurie d’enseignants qualifiés au niveau de l’enseignement de base est un écueil majeur qui persiste à l’échelle des systèmes éducatifs, au détriment de la qualité de l’enseignement et des résultats des élèves.

Les statistiques établies par l’UNESCO en Afrique subsaharienne indiquent en effet que presque 7 pays sur 10 sont confrontés à cette difficulté, et que la situation de nombreux pays pourrait se détériorer face à un besoin croissant. L’Afrique subsaharienne devrait en effet pouvoir créer à elle seule 2,3 millions de nouveaux postes d’enseignants d’ici 2030, tout en pourvoyant environ 3,9 millions de postes vacants.

La formation et la professionnalisation des enseignants, à travers le renforcement des compétences linguistiques, langagières professionnelles ou encore didactiques est donc déterminante pour répondre qualitativement aux besoins massifs de formation de demain.

C’est dans ce contexte que la Francophonie poursuit son engagement pour l’éducation afin d’accompagner les pays dans la mise en œuvre de réformes innovantes à travers de nouvelles approches pédagogiques bilingues, le renforcement des compétences des enseignants, en tirant notamment profit des potentialités du numérique. Et c’est à l’IFEF – organe subsidiaire de l’OIF installé à Dakar en 2017 – qu’a été confiée la mission de fournir aux États et gouvernements membres de l’OIF, ainsi qu’à ses partenaires, une expertise technique qui contribue à l’élaboration, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des politiques éducatives.

Parmi les programmes portés par l’IFEF, 2 expérimentations sont menées aux côtés des États et des Gouvernements pour répondre plus particulièrement aux problématiques évoquées : l’initiative francophone pour la formation à distance des maitres (IFADEM), et l’initiative « École et langues nationales » en Afrique (ELAN-Afrique). L’IFEF est également impliqué au sein du consortium KIX Afrique 21 visant à favoriser des échanges permettant d’alimenter les débats sur les défis majeurs et les priorités au niveau régional en matière d’éducation, et à faciliter la mobilisation et le partage de connaissances et de bonnes pratiques entre les principaux acteurs de l’éducation.

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LabelFrancÉducation :
une marque de qualité pour l’enseignement bilingue francophone

Créé en 2012, le LabelFrancÉducation est attribué par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères (MEAE) aux filières d’excellence bilingues francophones proposant un enseignement renforcé de la langue française et d’au moins une discipline non linguistique en français, conformément au programme officiel du pays d’accueil.
Le LabelFrancÉducation vise à promouvoir des filières ou des établissements publics et privés d’enseignement élémentaire et secondaire étrangers hors de France, dans des filières générales, technologiques ou professionnelles, et qui contribuent, dans le cadre de leur enseignement national, au rayonnement de l’éducation, de la langue et de la culture françaises.
En décembre 2017, ce réseau compte 209 filières bilingues implantées dans 44 pays, qui scolarisent près de 95 000 élèves dans l’enseignement primaire et secondaire.
La gestion opérationnelle du LabelFrancÉducation a été confiée à l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).

Au sein du réseau scolaire français à l’étranger

Le Réseau scolaire des établissements français ou homologués par la France à l’étranger de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) et des établissements partenaires de la Mlf (Mission laïque française) offrent par ailleurs des enseignements en français aux enfants d’expatriés installés à l’étranger, ainsi qu’aux élèves nationaux et d’autres nationalités qui souhaitent bénéficier de l’expertise française pour suivre une scolarité en français dans le primaire, le secondaire, et éventuellement préparer des projets de mobilité universitaire.

Ce réseau est coordonné par l’AEFE, constitué à la rentrée 2022 de 552 établissements, répartis dans 138 pays, qui proposent des enseignements en français, également de français langue étrangère (notamment dans le cadre des filières bilingues), qui scolarise presque 350 000 élèves dont 40 % sont français, mais aussi 60 % nationaux ou d’autres nationalités.

Parmi ces 552 établissements homologués par l’Éducation nationale, 68 sont gérés directement par l’AEFE, 163 sont gérés par des fondations de droit local à but non lucratif, et 321 établissements partenaires sont gérés par des associations de droit privé français ou étranger (dont 108 par la Mission laïque française).

Les plus gros effectifs sont concentrés dans la région Afrique du Nord et Moyen -Orient avec 135 527 élèves (dont 33 345 sont scolarisés dans les établissements de la Mlf).

Répartition des effectifs des établissements du réseau français
à l'étranger (AEFE) par régions - 2018

L’ensemble de ces établissements forme un réseau de collèges et lycées homologués par le ministère de l’éducation nationale français unique au monde, par son étendue et la qualité de l’enseignement qu’il dispense, conforme aux programmes français. Les effectifs sont répartis à 18% en maternelle, 39% en primaire, 27% en collège et 16% au lycée.

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LE DISPOSITIF FLAM (Français LAngue Maternelle) POUR L’ENSEIGNEMENT BILINGUE FRANCOPHONE

Ce dispositif vise depuis 2001 à soutenir des associations qui proposent des activités -dans un contexte extrascolaire- à des enfants français établis à l’étranger, permettant ainsi de conserver la pratique du français en tant que langue maternelle, et le contact avec les cultures française et francophones.
Les associations peuvent ainsi bénéficier de subventions d’appui au fonctionnement au démarrage de leur projet, ainsi que de subventions pour l’organisation de regroupements régionaux d’associations FLAM. Avec plus de 150 associations subventionnées dans près de 40 pays depuis la mise en place du dispositif.
L’opérateur désigné par le MEAE (à l’initiative de ce dispositif, aux côtés d’élus représentant les Français établis hors de France) pour la gestion administrative du dispositif FLAM est l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE).